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Bem Sex Role Inventory

Trop fort. Je viens de passer un test de personalité, utilisé dans une des études que je viens de résumer, sur les rôles sexuels et l'identité de genre. Il date un peu, mais les résultats sont sans appel. Je péte tout en masculinité, avec des scores supérieurs à la médiane des hommes, et je vais pas trés haut en féminité, avec un score inférieur à la médiane... des hommes. Et je répond à moitié dans la désirabilité sociale. Ni trop ni trop peu, moi qui m'attendait à ce que mon hystérie me fasse peter le score...

Je le savais.

Je suis une femme sur-homme.

J'vous dis pas, du coup, ce que le bouchon me propose!

PS: avec ça, je devrais pas faire de dépression, mais avoir des conduites suicidaires, et être rejetée par mes pairs... Tout faux. Comme quoi, y a vraiment des gros biais dans leurs études, et ce qui vaut pour le groupe ne vaut pas pour l'individu... or c'est eux qu'on soigne... y a comme un blème...

6.6.06 23:20


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9.5.06 21:40


Examen de conscience

L'exercice est simple. Pourquoi me suis-je engagée, pourquoi ai-je agi dans ces associations LGBTQ qui n'étaient que "gay et lesbienne" à la base? Pourquoi ai-je choisi d'y donner de mon temps, de mon energie, d'y construire une grande part de ma vie?

Cet exercice, je l'ai proposé à certains de ceux à qui j'ai passé le relais associatif, pleins de bonne volonté mais un peu mécanistes... et chercheurs de bonne réponse...

J'avais 19 ans tout neufs, j'étais effrayée à l'idée de passer la porte du CGL. Alors j'ai fait comme si. Comme si je m'assumais. Alors que je n'étais qu'une gamine perdue et sans repères. J'ai été plus qu'avide de tout. La "communauté", pour moi, ça avait un sens. Un sens de soutien, un sens de protection, un sens d'amour assez inconditionnel... J'avais peur du ghetto, peur des stéréotypes et de ceux qui les défendaient et ne m'accepteraient pas. Je ne voulais pas changer. J'avais peur de me perdre. J'ai beaucoup changé. Je me suis peu perdue.

J'ai reçu d'emblée, beaucoup. C'est comme ça qu'on m'a appris à être homosexuelle. Ou lesbienne, ou gouine, comme vous preferez. J'ai été pédé aussi, gay, queer... pas vraiment transgenre.

Alors j'ai donné sans trop réflechir, parce que ça me permettait d'exister en sécurité. J'ai ouvert ma porte comme on m'avait ouvert les portes. Partager les larmes les rires et la colère. Accueillir les autres comme ils étaient, et les aimer pour ça, comme ça, par principe. Les gens souvent alors donnaient aussi le meilleur d'eux-mêmes.

Ensemble nous étions plus forts. Ensemble nous avions moins peur. Oui, la peur, ce point central de ma jeune existence. Et la Honte. Et plus je marchais sur la Honte, plus la colère montait. Colère contre la société, contre ce qui en nous nous poussait à nous détruire. Colère pour ses vies brisées, pour ces gosses qui n'arrivaient pas à se donner le droit de vivre, que personne ne savait comment accueillir.

Ces doubles de moi, aussi semblables que différents. Qui n'osaient pas forcément parler, qui n'avaient pas forcément de mots pour le dire. Moi je les avais. Alors, je parlais de moi, de mon propre parcours, en insistant sur ce qu'il avait de commun avec le leur. Qu'ils sachent. Ils n'étaient plus seuls. Montrer qu'on pouvait parler, qu'on pouvait vivre, que le ciel ne nous tombait pas sur la tête. Valoriser l'action, la révolte réfléchie, la culture. Au bout d'un an, nous étions quinze à une réunion des accueillants, reflechissant à notre propre accueil... J'avais accueilli dix des quinze, et quatre étaient là avant moi. Mais j'avais le feu sacré, et je le transmettais. C'est comme ça que je l'entretenais, mon petit feu.

Juste une hygiène de vie. Combattre l'assassin.

 

3.5.06 23:25


Agence matrimoniale

Une de mes co-internes m'a démandée si j'avais pas une copine célibataire pour une de ses copines célibataire...

J'adore...

24.4.06 20:52


pas d'passé, pas d'avenir

Les jeunes homosexuels n'ont pas d'histoire. Je viens de le comprendre, ça m'éclaire des tas d'autres choses. En y réflechissant, je comprend même pourquoi.

D'où me vient cette brillante déduction? Je sors de réunion à ANGEL, cette association qu'on a fondé avec une bande de potes. J'avais 19 ans. puis 20 quand on a posé les statuts. Nous étions pleins de fougue.

Mais nous étions à vif, dans un monde peu fait pour nous. Nous avions besoin d'affiliation, d'une histoire, de frères et de soeurs de coeur à adopter. Et nous les avons cherché, et nous les avons trouvé. Rejetés, nous avons fait corps avec toutes les minorités. Petit à petit, nous nous sommes sentis "appartenir", et c'est là que s'est construite notre estime de soi. Dans l'action et l'appartenance.

Nous avons agi, ici et là, ensembles, pour changer le monde. Et le monde a changé. Il a même beaucoup changé en 10 ans. Plus de visibilité, plus de reconnaissance, plus de droits. Et moins d'identité.

Nous avons accueilli ces jeunes qui grandissaient dans un monde plus rose, qui pouvaient être acceptés. Ils ont même, pour certains, fini par penser qu'ils étaient normaux. Appartenir, mais pourquoi? Une histoire, collective, à quoi bon? Ils n'ont pas eu besoin de ça pour se construire. Mais ils ne sont pas bien solides. Ils veulent agir, mais ils ne savent plus pourquoi.... cette petite voix, confusément, qui murmure. Alors ils ont peur parfois, ciel, ils n'ont pas la bonne réponse... Mais ils ne pensent pas à interroger la question...

Ils n'ont pas d'histoire, pas de perspective historique... Ils n'imaginent pas que l'avenir puisse être autre chose que meilleur, confiance aveugle et naïve... comme si l'horreur n'était plus possible, comme si elle n'avait pas déjà cours...

L'histoire leur apprendrai pourtant que parfois la réaction l'emporte. Qui aurait pu imaginer les triangles roses dans les années folles?

Ils sont choqués de la violence qui ne demande qu'à s'exprimer. Sans histoire, ils sont sans armes, un peu perdus, comme si toute cette haine tombait du ciel.

Mes pensées vont à ceux qui m'ont permis d'apprehender cette histoire, de la faire mienne...

Un petit communiqué de presse, jamais envoyé, parce que trop polémique. Aujourd'hui, je suis tombée dessus. Ah, c'était une autre époque, j'étais jeune alors...

"Rendons grâce
 
aux trav,
aux trans,
aux folles,
 
à tous ces « mauvais homosexuels »
 
qui se sont battus pour que nous ayons le droit aujourd’hui d’être nous-mêmes.
Ceux qui se sont révoltés en 1969 à Stonewall contre les brimades policières ne portaient pas de costume trois pièces.
 

Aujourd’hui ils donnent « une mauvaise image »

 lors des Lesbian and Gay pride.
 
Nous aussi.
 
Ils se sont battus pour avoir le droit d’exister,
 nous nous battons pour avoir le droit d’exister partout.
 
Ce n’est pas le souhait de tous les homos. Pas celui des représentants de l’association « lesbian and gay pride » qui a refusé la soirée que nous organisions au motif « qu’elle ne se tenait pas dans un endroit gay ». L’homosexualité déculpabilisée, oui, mais uniquement dans le « milieu » ? Pas pour nous. Nous ne sommes pas homosexuels que le samedi soir, et nous aspirons à une autre vie que bar, boite, baise et point final. C’est peut-être pour ça que nous sommes agréés « Jeunesse et Education Populaire » ?
 
 
Si vous aussi vous aimez le goût de la liberté, si vous conjuguez le respect de la différence aux pluriels, si les « codes » vous fatiguent, venez nous rejoindre pour une soirée anti-conformiste « Out of the Ghetto » au Macadam pub.
Est-il superflu de préciser qu’aucune tenue particulière n’est exigée ?
 
 
De 19 à 21h, débat informel autour des nouveaux enjeux de la visibilité homosexuelle, avec M. Lachèze , fondateur du Centre Gay et Lesbien de Montpellier, JC Cauchy, fondateur du convent d’Oc des Sœurs de la perpétuelle indulgence, l’équipe de Riz Pilaf et Bouillon Kub, l’émission homodivergente et l’équipe d’ANGEL!
Dès 21h, en route pour 16 à 25 ans de musique folle…"
 

 

23.4.06 22:19


L'horreur absolue

J'en ai l'estomac noué, je ne peux même pas vous décrire comment j'ai la gerbe. Je n'arrive quasiment plus à penser, je suis dans le passage à l'acte, j'en ai quitté la pièce. Je suis arrivée ici, en haut, face au PC.

Qu'est-ce qui se passe? Pas grand chose en vérité.

Chou aujourd'hui, pour la Saint Valentin, a embrassé une autre femme. Par "militantisme", devant les caméras, lors d'un kissing.

"Oh, ce n'est rien" me direz vous. Et vous aurez raison. C'est moi-même, il y a quelques jours qui lui ai dit, "choup, faut que tu joues le jeu, que tu trouves quelqu'un à embrasser!"

Mais pas elle. Pas cette nana que je méprise, avec qui j'ai été des années en conflit, à qui je ne dit même pas bonjour dans les soirées où on est amenées à se croiser.Pas cette nana dont on se moque dès qu'elle ouvre la bouche tant elle est conne. Toutes proportions gardées, c'est comme si elle avait embrassé Bush. Chou aurait pu rouler des palots à toutes mes ex réunies que ça me poserai moins de problème.

Mais là. Je le vis comme une insulte. Le comble, le pire de l'univers des possibles du kissing. Je me sens ridiculisée.

Ca me fait honte. Comme si elle m'avait publiquement désavouée, en embrassant cette nana, quintessence de la nullité, chantre de l'opposition à ma petite personne.

Vraiment, je ne peux pas.

Je me rend bien compte que ma réaction est démesurée, j'en ai même appellé ma chef, qui est de garde, ça tombe bien. Elle a rit, puisque je lui ai dit en riant, m'a interdit de venir la remplacer au pied levé "tu restes avec ta chérie ce soir", m'a dit "mais c'est bien d'en avoir parlé".

Là je ne peux même pas la voir. J'hésite à prendre mon manteau, repartir... mais pour aller où?

Une rose qu'elle m'a gentiment offerte à mon retour du boulot traine abandonnée sur la table.

J'espère que votre St Valentin sera meilleure que la notre...

14.2.06 20:20


La vie en vrac

Je regarde le mec à la télé qui court de Paris à Tokyo. Je me dis que je m'éparpille. Ce ne serait pas la première fois, remarque. Je pense à l'autre ordi en haut, à Eudora qui attend que j'aille répondre à mes mails, que j'écrive à ceux et celles à qui je pense souvent, pas assez pour leur dire apparemment. Et c'est bien dommage.

Je pense aux articles que j'ai selectionnés, qu'il faudrait que je lise, eux qui rentreront peut-être dans la biblio de ma thèse, oui, celle-là même que je voudrais faire à l'avance.

Je pense au sport que mon corps me réclame, à un minimum de discipline personelle... à ce qui me manque pour le mettre en acte. Je ne sais pas vraiment. Je flotte dans ma flemme, laissant le quotidien déjà si bien rempli se poursuivre, parant au plus pressé.

Ce n'est pas une bonne solution pourtant, et je le sais. Mille signaux me le disent. Mes bonnes résolutions sont balayées, je ne sait trop comment. Je rêve beaucoup, en ce moment.

Il faut bien vivre...

29.1.06 19:26


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