Je nettoie ce blog des centaines de spams qui s'y sont accumulés, et parfois, je clique sur les notes concernées.
Toutes sortes d'émotions, toutes sortes d'humeurs au fil des pages... salutaires rencontres des états de moi, ici ou là.
Envie de vous dire. C'est trop tôt, c'est un peu fou, quand j'y pense je me dis que je devrais partir en courrant!
Une coparentalité, deux hommes pour un bébé, et plus si affinités.
Préliminaires pour l'instant, mais mon corps crie si fort encore! Je recommence à rever de grossesse et de femmes enceintes toutes les nuits. Chef, qui n'a embauché que des jeunes femmes trentenaires, en parle spontanément, et nous demande juste de faire "un tour de rôle" pour les congés mater...
Il y a tellement de choses pour lesquelles je veux prendre du temps! De choses pour moi, bonnes pour moi, comme refaire du sport, voir plus mes amis, en découvrir de nouveaux... du théatre aussi, ce serait sympa. Et continuer le boulot, la petite, la maison, ma pook...
Et donc, caser au milieu deux hommes aussi surbookés que moi, bosseurs, sportifs, sociables, militants... heureusement qu'ils habitent à deux pas!
Le futur papa bio me plait beaucoup. Un vrai coup de foudre amical. Esperons qu'il en soit de même pour lui! Je vais si vite qu'ils pourraient prendre peur!
C'est trop tôt, mais j'avais quand même envie de le partager!
A l'heure de faire de la place pour La Petite, une boite à chaussures pleines de lettres, de cartes, de photos est venue se glisser sous mes doigts.
Ma Mémoire, moi qui en ai si peu... 1997 pour les premières "pièces", 2006 les dernières... ensuite nous sommes arrivées dans cette maison avec chou, et les lettres ont du s'entasser ailleurs.
9 ans de lettres, mon carnet de voyage du cameroun, des pieces et des billets qui n'ont plus court.
Et alors me direz-vous? Et alors je me souviens que j'ai eu une vie propre avant que d'être la moitié de "chou et chou". J'ai été une jeune fille, une jeune femme complète.
Une petite engagée qui choisissais sa vie. Pas rose tous les jours mais trés trés trés vivant. Aujourd'hui suis-je dans la sagesse ou l'habitude? La sérénité ou la soumission?
Trois semaines de vacances qui tombent à pic pour redéfinir mes choix.
Mercredi je rencontre ma nouvelle belle-maman, la mère de la Petite. Qui trouve impensable que je sois psychiatre. Et qui a peur que je ne l'apprécie pas, et que je la trouve bête. Je serais sage et mignonne comme je sais l'être.
Je ne vais pas trop mal. Moins émotive, moins irritable. Plus déterminée. Le suicide d'Eric a tout de même changé la donne. Je ne suis plus la même, notamment au boulot. Plus question de travailler gaiement gratos. Je reconnais que je suis en colère. Mais une saine colère qui m'amène à mieux veiller sur moi, Parce que je ne peux pas compter sur mes chers directeurs pour ça.
Alors je prends soin de mes collègues, de mes patients, mais, truc impensable, je récupère les demies-journées jusque là offertes sur l'autel du "il faut bien le faire".
J'ai fini de peindre ma terrasse, quelques pots attendent encore de recevoir quelques fleurs pour parfaire la déco.
Le premier barbecue en violet et vert a eu lieu, c'était trés chouette. J'espère que d'autres vont suivre...
Et puis voilà, je vis, un peu en mode automatique, comme si ma vie avançait sans moi, gentil pantin presque docile... le temps de la convalescence est là, doucement, à l'abri, dans l'ombre, lisser mes plumes, reprendre bientôt mon envol...
Aujourd'hui, deux ans jour pour jour qu'Arthurs est parti de mon ventre douillet. J'avais appris sa "mort" la veille. Hier j'ai pu y penser sans me mettre à trembler, frémir ou pleurer, envahie par l'émotion.
Aujourd'hui, je teste une séance d'hypnose humaniste on line. Tout le long à la fois vaguement consciente de mes pensées et de mon corps, là, dans le fauteuil...
La voix dit de revenir qu'il faut vivre... mais je suis bien moi là... au chaud, au calme...
Encore un bail sans donner de nouvelles. Je ressort juste la tête de l'eau. Ce n'était pas une vague, c'est un tsunami qui a frappé notre hôpital, notre internat, et nos coeurs.
Projetée juge et partie, pressurée par des appels incessants - ça y est, tous les directeurs de l'hosto ont mon portable -, comme si je pouvais les sauver... Alors sans cesse réexpliquer les limites, pesant, quand c'est 10 fois par jour, en plus des patients hospitalisés, de ceux des consults, et que c'est le corps de mon ami qu'on retrouve dans la garrigue. 3h avant que je passe devant le conseil hospitalier. Bon, j'ai pleuré. What else?
Pas une partie de plaisir, vraiment pas.
Un mini burn-out, reveils nocturnes, cauchemards, irritabilité. Au point de répondre à mon chef et de l'envoyer bouler, même après 3 jours de "repos" à Madrid avec la Petite.
Et puis, tout passe. La vie reprend son cours. J'ai fait une to do list. Il faut nettoyer tout ce que cette vague a laissé s'accumuler un peu partout, dans ma maison, belle métaphore de ma tete et de ma vie.
Hier j'ai attaqué les machines. Ce soir, venue à bout du linge sale, j'ai attaqué le rangement du propre. Rangé les manteaux d'hiver, plié les plaids, posé de nouveaux livres à lire sur l'étagère. Nettoyé la boue sur mes tongues. De la boue de nouvelle calédonie. Oui, je sais, ça doit faire un mois que je suis rentrée!
L'espace réapparait. Demain je m'attaque au dehors. De nouvelles plantes aromatiques à planter, des "mauvaises herbes" à composter...
De la peinture à acheter. Prune. Pour aller avec les pots d'un vert sublime que j'ai acheté il y a 3 mois et qui attendent encore d'être installés...
Offre hébergement au soleil et petits dej sur la terrasse contre menus travaux. C'est ça que je devrais faire. Mais je serais tellement fière de le faire moi-même...
Trois semaines en congés, 4 jours avec la petite à Paris, des heures de voyage pour 15 jours en Nouvelle-Calédonie.
Couleurs, odeurs, chaleurs...
Retrouver Hélène, 10 ans après nos folles virées, refigiée au fin fond de la brousse.
Profiter des rencontres.
Rentrer. Panier de crabes. Conflits à babords, tribord, et droit devant.
Oulà, j'ai bien envie de repartir.
Notaire. Chou. On entre dans le comble de l'étrange. Paperasses en vue.
Hyperémotivité toujours présente. 3 mois maintenant que je fond en larmes à la moindre évocation. Ca devient pénible.
Se rajoute le jet lag, je suis fracassée.
Eu une trés bonne note à l'épreuve de "connaissances professionnelles" du concours de PH. 190/200. Il me semblait bien que j'avais pas trop loupé le cas clinique, et que j'avais oublié d'être stressée. Ca compense mes autres notes plutôt moyennes!
On va voir si ça se passe aussi bien devant le conseil hospitalier. Je risque de payer cher les querelles intestines de nos chefs... mon diaporama est nul. Pas réussi à faire mieux. Alors je ferais avec.
Sais pas où je vais. La bouffe me dégoute depuis mon retour. Même le chocolat ne me fait pas envie, j'ai racheté 3 tablettes différentes quand même. Je me suis acheté de la jolie viande, des pois gourmands, de la salade, du gorgonzola... mais je crois que je vais juste me faire un thé. Ecoutons mon corps.